Si celle d’Ibro (Ibrahima Bah), déjà censurée en Guinée par le Pouvoir, est également interdite en France pour le réfugié politique qu’il est devenu aujourd’hui, celle d’Abakar Adam Abaye, encore libre, la remplace aussitôt !
Comme déjà annoncé sur ce blogue, nous sommes donc contraints de retirer Ibro de l’affiche cette année, mais il reviendra !
Pour l’heure, faisons connaissance avec son remplaçant malgré lui …, Abakar, dit aussi “l’enfant noir”.
Abakar Adam Abaye (bien garder l’ordre de ses noms svp), nous vient du Tchad. Et il présentera au programme du festival 2010 des Contes Givrés le spectacle “Le Troisième Oeil”.
“Ce qui est raconté ici, c’est l’envers du décor, le contraire des choses, l’ombre des objets et des sentiments, ce qui ne se distingue pas immédiatement au regard, mais que seul un troisième oeil peut révéler.
Rien à voir avec les bestiaires et autres fables exotiques, mais bien avec l’humain, avec ses espérances, ses colères, avec sa tendresse et ses doutes, quand tendresses et doutes sont les deux bâtons de marche de celui qui erre chez les humains.
Enlèvements et résistance, chants qui déchirent la Terre Mère, la transe d’une lame de couteau dans le ventre d’un être nocturne, la répétition scandée d’une voix venue de l’au-delà, voilà les ruisseaux d’un récit qui est conçu pour prendre l’oreille de l’Homme afin qu’il entende une partie de ce que son âme ignorait jusque là.
Accompagné par un n’Goni et un Tambour, Abakar Adam Abaye, a fait de sa voix une chambre d’écho, où la tonitruance traverse les harmonies habituelles.
Abakar Adam Abaye conte à la manière d’une urgence soudaine. Campé au sol et aérien dans sa gestuelle, il délivre plus qu’il ne transmet, ou transmet comme pour délivrer quelque chose qui serait noué dans les récits ou l’auditoire. Il habite ainsi l’espace sans fioritures, peu d’effets sinon aucun, la main est autant tranchante que le regard cherche à fouiller les esprits, pour s’y engouffrer, tracer des lignes de tension ou d’apaisement. Le chaud et le froid. En même temps. Ou simultanément. Voilà sa façon de dire, égale à sa façon d’être.
Pour ce qui est du lien humain, entre celui qui dit et celui qui entend, c’est une expérience qui est recherchée, toujours et toujours d’une manière renouvelée.
Le Troisième Oeil est à voir à :
- Digoin (71) le lundi 8 novembre à 20h30
- Dijon (21) le mardi 9 novembre à 20h30
- et également au Creusot (71) le mercredi 10 novembre à 20h30
Et ouvrez grandes vos oreilles pour que la parole africaine, loin d’être bâillonnée, s’élève haute et claire cette année au Festival. Et agisse, comme un écho qui se répète, de façon omniprésente ans cette XII° édition “historique”…
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Détails pour les réservations et adresse sur le site officiel des Givrés



























